Il y a un endroit où je vais sans faute à chaque fois que je rentre chez mes parents. C'est Yadani Onsen Daishi no Yu, situé à Mitoyo, dans la préfecture de Kagawa.
La première fois que j'y suis allé, c'était il y a un an. Mon père m'avait dit « j'ai trouvé un super onsen » et m'y avait emmené. C'est un établissement thermal situé au pied du temple Iyadani-ji, le 71e des 88 temples du pèlerinage de Shikoku. Le bâtiment est ancien, mais vraiment grand. On y trouve aussi une station routière et des hébergements, ce qui en fait également un hôtel. Le grand bain est extrêmement spacieux, avec le luxe de pouvoir profiter d'une source naturelle de qualité dans chaque bassin. En plus de ça, le sauna avoisine les 100 °C et le bain froid est à 18 °C, assez grand pour accueillir plus de dix personnes à la fois. Je me souviens avoir pensé : « Il y avait un endroit aussi bien tout près de chez moi. »
Depuis, aller à Yadani Onsen Daishi no Yu est devenu une tradition familiale à chaque fois que je rentre à la maison. Cette fois-ci ne fait pas exception. Le matin, j'avais déjà enchaîné 4 séries de sauna et bain froid à Golden Time Takamatsu, à Takamatsu, et profité d'une séance d'airing extérieur plutôt intense. Mais une fois la nuit venue, c'était comme si tout avait été remis à zéro, et l'envie de repartir au sauna était revenue. « Allez, on y va », lance mon père, comme un signal de départ. Ma mère semble déjà prête depuis un moment. C'est moi qui conduis, alors je sens bien qu'ils ne voudraient pas que je traîne.
Pendant le trajet, on discute tous en famille. Ces moments-là aussi sont précieux. La santé de mes parents n'a rien d'acquis, et je ne sais pas combien de temps ces instants vont durer. Je suis reconnaissant de pouvoir parler franchement avec eux.
Comme d'habitude, on s'enregistre à l'accueil et on entre. On se fixe une heure pour se retrouver à la sortie, et je rejoins le bain des hommes avec mon père. Lui, comme il est fumeur, pose ses affaires dans le casier et file aussitôt fumer une cigarette. Moi, je me déshabille à toute vitesse, comme toujours, et j'entre dans le grand bain. L'espace ouvert m'accueille. En même temps, l'odeur de l'onsen m'enveloppe. Cette odeur familière qui apaise. J'ai l'impression de rentrer à la maison.
Après m'être lavé, je me glisse dans le bassin d'eau chaude naturelle, comme toujours. Yadani Onsen Daishi no Yu propose une belle variété de bassins : bain aux plantes médicinales, bain allongé, bain bouillonnant, deux bassins d'eau chaude simple, et un bain en plein air — tous alimentés par la source naturelle. L'eau a une texture légèrement glissante, presque soyeuse. Du coup, le sol du grand bain est assez glissant, et les petits enfants y tombent souvent. D'ailleurs, il paraît que ma mère — pourtant adulte — s'y est déjà étalée de tout son long, et quand elle est sortie du bain ce jour-là, elle ne cachait pas sa gêne. Bref, tout ça mis à part, c'est vraiment une eau excellente. Même si on y reste peu de temps, le corps se réchauffe rapidement. On a presque l'impression de pouvoir aller directement dans le bain froid sans même passer par le sauna.
Avant d'entrer dans le sauna, je me suis d'abord acclimaté dans le bain froid. Et voilà, direction le sauna. Le sauna de Yadani Onsen Daishi no Yu est un sauna rocky à 95 °C. Le löyly automatique se déclenche régulièrement, ce qui maintient une bonne humidité — idéal pour transpirer à fond. Cinq minutes suffisent pour que la sueur ruisselle. Après le sauna, je me rince et plonge dans le bain froid à 18 °C. Il est vraiment grand ici, avec de la place pour une dizaine de personnes. On peut donc s'y installer confortablement. La température n'est pas excessive, ce qui permet de refroidir le corps en prenant son temps.
Après le bain froid, j'aurais bien voulu profiter de l'air extérieur, mais l'espace en plein air est petit et ne compte que deux chaises. À l'intérieur, il n'y en a que deux également, alors quand elles sont prises, je m'assieds souvent sur le rebord d'un bassin. Même sans véritable espace de repos, on arrive largement à atteindre l'état de totonou. La preuve : Ogaki Sauna, que je considère comme le meilleur sauna de ma vie jusqu'ici, ne dispose ni d'espace extérieur ni de chaises. On s'assoit sur les tabourets de la zone de lavage ou sur le rebord des bassins, et c'est là qu'on atteint une plénitude absolue. Du moment qu'on chauffe bien le corps dans le sauna et qu'on le refroidit correctement dans le bain froid, l'airing extérieur n'est pas indispensable. Il suffit d'avoir un endroit où s'asseoir.
J'ai enchaîné deux autres séries de sauna et bain froid, et voilà, la séance du soir était terminée. Je me suis installé dans le salon pour siroter un jus de fruit et me détendre, quand ma mère est sortie. Elle avait l'air vraiment détendue. À l'entendre, il y avait très peu de monde, et elle avait pu profiter du sauna et du bain froid presque en exclusivité. Je suis content qu'elle en ait bien profité. Peu après, mon père est sorti à son tour, on est montés dans la voiture et on est rentrés. Sur le chemin du retour, on a parlé onsen et sauna en famille. On est tous fans de sauna chez nous.
En y repensant, il allait de soi que je devienne un adepte du sauna. Avoir grandi dans cette famille m'a rendu le sauna naturel dès mon plus jeune âge. À l'école primaire, enchaîner déjà trois séries de sauna et bain froid était une évidence. C'est mon père, lui-même grand amateur de sauna, qui m'avait inculqué ça. Et moi, j'en ressentais déjà les bienfaits. Je jouais au baseball depuis l'école primaire, et la différence entre aller au sauna après un match ou non se ressentait clairement le lendemain sur la fatigue. Le sauna aidait souvent à récupérer. Je ne comprenais pas encore pourquoi ça soulageait la fatigue, mais maintenant je le sais : en activant la circulation sanguine, on élimine aussi les substances responsables de la fatigue.
Avoir pris l'habitude du sauna dès l'enfance, c'est une vraie chance. À l'âge adulte aussi, chaque fois que le temps et l'argent me le permettent, j'y vais, et j'en ressors chaque fois avec un sentiment de légèreté. Même quand le travail ou la vie personnelle pèse sur moi, une fois sorti du bain après le sauna et le bain froid, tout ça semble dérisoire. Ce qui disparaît après le sauna n'avait de toute façon pas grande importance. Le sauna est aussi efficace pour se débarrasser de ce qui ne mérite pas qu'on s'y attarde. Maintenant que j'y vais tous les jours, je me dis que la vie est vraiment bien. Terminer la journée au sauna, ressortir revigoré, aller se coucher. Et recommencer le lendemain. Mourir au milieu de cette routine-là, ce serait une belle mort.
C'est avec ces pensées en tête que j'ai repris le volant, mes parents à bord, pour rentrer à la maison familiale.





