J’aime l’excitation que l’on ressent quand on ouvre une porte inconnue, mais rouvrir une porte familière est aussi une expérience riche en émotions.
Cette semaine, j’ai vécu un voyage thermal un peu différent de d’habitude. En général, je pars à la découverte de nouveaux établissements, mais cette fois-ci, j’ai choisi de faire le tour des thermes que je fréquentais souvent lorsque j’habitais ici autrefois.
Ma destination était Meitō Takarano-yu. Je ne sais même plus combien de fois j’ai mis les pieds dans cet établissement. Il y a 10 ans, lorsque je vivais dans la préfecture de Hyogo, c’était l’endroit que je considérais comme le meilleur. Takarano-yu est un fameux bain thermal où l’on peut profiter d’une source comparable à celle d’Arima Onsen, l’une des stations thermales les plus réputées du Japon. Une eau thermale dorée y coule sans cesse, et rien qu’en s’y immergeant, on a l’impression que les maux s’apaisent et que l’état du corps s’améliore. Voilà la force de cette source exceptionnelle. Il y a 10 ans déjà, dès que j’étais fatigué, je venais ici me plonger dans l’eau et m’y ressourcer. Le temps a passé, et me voilà de retour après environ 10 ans. J’ai garé la voiture le cœur rempli d’attente.
À mon arrivée, il semblait que le sauna avait été rénové, mais l’extérieur comme l’intérieur n’avaient pas changé. À une époque où tant d’établissements fonctionnent avec un enregistrement automatique, ici aussi, on achète encore son billet à la borne, comme à l’époque. Une sensation de nostalgie m’a envahi, et une douce chaleur s’est répandue au fond de ma poitrine.
Et l’extraordinaire eau thermale continue de jaillir sans changement. En lisant les explications de l’établissement, j’ai appris que, dans le cas d’Arima, il s’agit d’une eau de mer datant de 70 millions d’années, expulsée au bout de 6 millions d’années. Le point d’éruption se situe justement sur la ligne tectonique Arima-Takatsuki, et la source de Takarano-yu, « Kogane-sen », située au-dessus, possède pratiquement la même composition que l’eau d’Arima Onsen. C’est un bienfait naturel qui a nécessité un temps incomparablement plus long que toute une vie humaine. J’éprouve un profond respect pour l’onsen. Incapable de contenir plus longtemps mon impatience à me plonger dans cette eau miraculeuse jaillissant d’elle-même à 800 m sous terre, je me suis dirigé vers le bain.
Après m’être changé, j’entre dans les bains. Rien n’a changé. J’adorais aussi le bain en plein air, si plein de charme, et il a toujours le même charme aujourd’hui. Côté sauna, il semble avoir été rénové, avec désormais un sauna de style finlandais doté d’un löyly automatique. Une formidable amélioration qui permet de transpirer confortablement dans une salle à 80℃ à 90℃.
Mais puisque je suis venu ici, l’événement principal reste de me plonger dans la fameuse eau thermale du bain en plein air. J’ai d’abord pris soin de me purifier avant de me diriger vers la source en extérieur. L’eau thermale dorée est si riche en minéraux qu’on ne distingue absolument pas le fond du bassin. Pour ne pas toucher les autres clients, on a l’impression d’avancer à tâtons dans une grotte totalement obscure.
À l’instant où je me suis laissé couler dans ce fameux bain, j’ai eu l’impression que mon corps faisait partie de la nature. Il me semblait même entendre une voix murmurer : « Ta place est ici ». Toute la tension a quitté mon corps, et la fatigue accumulée dans mes cellules s’est évaporée. Du moins, c’est l’impression que cela m’a donnée. Comme je vais souvent au sauna et aux sources thermales, je ne suis de toute façon pas vraiment fatigué, haha. En restant seulement quelques minutes dans l’eau, le corps se réchauffe peu à peu, et le pouls s’accélère. Comme l’eau est très riche en minéraux, on peut profiter pleinement de ses bienfaits sans y rester longtemps. Quand on se baigne dans une bonne source thermale, le corps se réchauffe tellement qu’on peut aller directement au bassin d’eau froide, même sans passer par le sauna.
Cela m’a rappelé une expérience similaire à Arima Onsen. L’an dernier, lorsque j’ai visité Taiko no Yu, un établissement parmi les plus réputés d’Arima Onsen, je ne suis allé qu’une seule fois au sauna, et pour le reste, j’ai enchaîné uniquement onsen et bassin d’eau froide.
Je passe directement de l’onsen au bassin d’eau froide de l’espace extérieur pour refroidir mon corps. C’est un bassin suffisamment vaste et profond pour raffermir d’un coup un corps tout chaud. Puis je m’abandonne à une chaise en plein air. En regardant le bain extérieur au charme si particulier, on voit des avions passer dans le ciel. Je ne suis pas entré dans le sauna, et pourtant j’ai l’impression qu’un plaisir encore plus intense m’envahit. Voilà la puissance de l’onsen.
Pour les amateurs de sauna, le cycle sauna → bassin d’eau froide → repos est incontournable, mais comme j’endosse aussi le rôle d’amateur d’onsen, je pratique également le cycle onsen → bassin d’eau froide → repos. Et dans les lieux réputés pour leur eau thermale, je donne la priorité à l’onsen plutôt qu’au sauna, c’est ma façon de faire.
Ainsi, pour la deuxième série, je ne suis pas allé au sauna non plus, et je me suis à nouveau plongé dans l’eau thermale dorée. Puis j’ai réchauffé mon corps avant d’aller au bassin d’eau froide. J’ai répété cela quatre fois, sans réfléchir.
Les amateurs de sauna pourraient m’en vouloir, mais à Takarano-yu, je n’ai pas fait une seule série au sauna. C’est dire à quel point l’onsen était remarquable. Ce fut un moment où, tout en ressentant la nostalgie de cette visite après 10 ans, j’ai redécouvert la grandeur de cette eau thermale.