Notions de base et introductionCompréhension de la culture des onsen

Qu’est-ce que le onsen-banzuke ? La culture du classement

Qu’est-ce que le onsen-banzuke ? Découvrez cet imprimé d’Edo qui classait les stations thermales à la manière des classements de sumo, avec termes, styles et liens vers les classements actuels.

Publié le: 28/06/2026

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Qu’est-ce que le onsen-banzuke ? La culture du classement

Qu’est-ce que le onsen-banzuke ? Découvrez cet imprimé d’Edo qui classait les stations thermales à la manière des classements de sumo, avec termes, styles et liens vers les classements actuels.

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Sommaire

  1. 1Qu’est-ce que le onsen-banzuke ? Un classement des sources chaudes empruntant le style du sumo
  2. 2Lire le banzuke : comprendre les termes pour mieux l’interpréter
  3. 3Ozeki de l’Est et de l’Ouest : Kusatsu et Arima
  4. 4Pourquoi le onsen-banzuke est-il apparu à l’époque d’Edo ?
  5. 5Vers la culture moderne du classement : une lignée qui vient d’Edo
  6. 6FAQ
  7. 7Conclusion
  8. 8Sources

Le onsen-banzuke était un imprimé très en vogue à l’époque d’Edo, qui classait les stations thermales de tout le pays sur le modèle des tableaux de sumo. On comparait les vertus de l’eau et l’ampleur des lieux, on établissait une hiérarchie entre l’Est et l’Ouest, et l’on plaçait au sommet le « sekiwake » équivalent du sumo. En termes modernes, c’était l’ancêtre des classements des sources thermales populaires, un support imprimé qui reflétait directement l’essor du tourisme thermal de l’époque.

En conclusion, le onsen-banzuke n’était pas un simple divertissement, mais la preuve que les gens considéraient les sources chaudes non comme des lieux où l’on se contente d’entrer, mais comme des lieux à comparer et à choisir. L’idée de faire s’affronter les bains pour déterminer lequel était le meilleur a mené aux actuels classements comme les « 100 meilleures sources chaudes du Japon » et divers palmarès de stations thermales populaires. Dans cet article, nous examinons ce qu’était le onsen-banzuke, ses formats et son vocabulaire, les sources thermales qui auraient été placées en tête, ainsi que ses liens avec la culture moderne du classement, tout en restant prudents face aux différentes versions et aux diverses hypothèses. Pour mieux comprendre l’ensemble de la culture du bain au Japon, consultez aussi Histoire de la culture du bain japonais.

Qu’est-ce que le onsen-banzuke ? Un classement des sources chaudes empruntant le style du sumo

Le onsen-banzuke était une forme de « mitate-banzuke », un genre d’imprimé très populaire à l’époque d’Edo. Les mitate-banzuke utilisaient la forme des tableaux de sumo pour classer des sources thermales, des spécialités locales, des boutiques ou des sites célèbres. Comme les habitants d’Edo connaissaient bien ce format, il suffisait de l’adopter pour faire comprendre d’un coup d’œil ce qui était supérieur.

Parmi les banzuke consacrés aux sources thermales, on trouve notamment le « Shokoku Onsen Kounoukagami » (Miroir des vertus des sources chaudes de tous les pays). Comme son nom l’indique, cet ouvrage aurait classé les stations thermales de diverses régions selon leurs vertus et leur ampleur, en les répartissant entre Est et Ouest à la manière d’un tableau de sumo. Ces imprimés n’étaient pas uniques : on pense que plusieurs versions furent réalisées selon les éditeurs et les périodes, si bien que les stations mentionnées et leur classement variaient d’une édition à l’autre.

Il faut surtout retenir que le onsen-banzuke relevait d’un « regard de l’époque » et non d’un classement officiel fondé sur des critères objectifs. Les personnes qui établissaient l’ordre, ainsi que leurs critères, variaient selon les versions, et l’on pense que le volume d’eau, la renommée ou le lien avec le territoire local ont influencé le résultat. C’est pourquoi il n’est pas approprié de lire le rang indiqué dans une version donnée comme un jugement historique définitif ; il vaut mieux le considérer comme un document reflétant la perception des sources thermales à cette époque.

Lire le banzuke : comprendre les termes pour mieux l’interpréter

Pour comprendre le onsen-banzuke, il est utile de connaître les termes empruntés au sumo. Le tableau a une forme très codifiée, et si l’on comprend le sens des mots employés, on peut décrypter ce qui est écrit et où cela se trouve.

Terme du banzukeSens dans le sumoRôle dans le onsen-banzuke
OzekiLe plus haut rang de facto à l’époqueLa station thermale placée au sommet du banzuke
Sekiwake, komusubiRang élevé juste en dessous de l’ozekiDes stations thermales importantes, juste en dessous de l’ozeki
MaegashiraLutteur ordinaire du makuuchiLes nombreuses stations thermales inscrites au banzuke
GyojiArbitre qui dirige le combatPlacé au centre du banzuke, il symbolise l’organisation et la mise en ordre
Kanjin-motoOrganisateur du spectacleDésigne la personne ou l’entité chargée de l’édition et de la publication

Il faut noter ici que l’ozeki était le rang le plus élevé. Dans le sumo moderne, le yokozuna est au sommet, mais à l’époque d’Edo, le yokozuna n’était pas encore établi comme rang officiel du banzuke, et l’ozeki était de fait le plus haut niveau. C’est pourquoi, dans le onsen-banzuke aussi, la station thermale la plus prestigieuse est indiquée comme un ozeki. Pour lire un banzuke, il suffit de repérer d’abord les ozeki à l’Est et à l’Ouest, puis de descendre vers les sekiwake, komusubi et maegashira.

Le gyoji et le kanjin-moto ne désignent pas des stations thermales, mais des rôles ajoutés pour donner au banzuke sa forme. Leur présence conférait à l’imprimé l’apparence d’un véritable tableau de sumo et donnait au lecteur l’impression qu’il s’agissait d’un classement officiel.

Ozeki de l’Est et de l’Ouest : Kusatsu et Arima

Ce que l’on évoque souvent à propos du onsen-banzuke, ce sont les stations thermales placées au plus haut rang à l’Est et à l’Ouest. Dans une version largement connue, Kusatsu Onsen (préfecture de Gunma) aurait été l’ozeki de l’Est, et Arima Onsen (préfecture de Hyogo) l’ozeki de l’Ouest. Le schéma est celui d’un sommet attribué à Kusatsu comme représentant de l’Est du Japon, et à Arima comme représentant de l’Ouest.

Toutefois, il s’agit seulement d’une version parmi d’autres, et la station placée au rang d’ozeki variait selon les éditions. On pense qu’il exista plusieurs onsen-banzuke, et selon les régions ou les éditeurs, les noms des stations placées en tête pouvaient changer. Il n’est donc pas exact d’affirmer que Kusatsu et Arima étaient toujours les ozeki du onsen-banzuke ; il est plus juste de dire qu’il existe des versions où cela a été noté ainsi.

Même ainsi, le fait que Kusatsu et Arima aient souvent été cités parmi les mieux classés montre bien que ces deux stations jouissaient d’une renommée nationale depuis l’époque d’Edo. Kusatsu était connue pour son eau très acide et son abondance, tandis qu’Arima l’était pour son ancienneté et sa proximité avec la capitale. Toutes deux étaient donc très appréciées comme destinations thermales. Le banzuke semble refléter, dans une certaine mesure, cette popularité réelle et cette notoriété.

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Pourquoi le onsen-banzuke est-il apparu à l’époque d’Edo ?

L’essor du onsen-banzuke à l’époque d’Edo s’explique par le boom du tourisme thermal de l’époque. L’époque Edo vit l’amélioration des routes et l’essor des voyages populaires. La pratique du séjour prolongé dans les stations thermales à des fins de cure s’est aussi diffusée parmi la population, et l’intérêt pour « quelle eau est la meilleure » a naturellement grandi.

Dans le même temps, les techniques d’édition et d’impression se sont développées, rendant les banzuke, guides de sites célèbres et cartes illustrées plus accessibles. Avant de partir en voyage, on cherchait des informations pour choisir sa destination, et le onsen-banzuke répondait à ce besoin. On peut dire qu’il remplissait un rôle proche de celui des guides et des articles de classement d’aujourd’hui.

La forme même du mitate-banzuke était alors à la mode. Pas seulement pour les sources chaudes : restaurants, lieux de loisirs, produits locaux, tout pouvait être « mis en banzuke » et apprécié comme tel. Le onsen-banzuke réunissait ainsi une dimension ludique et une fonction pratique d’orientation. Il montre bien à quel point les habitants d’Edo considéraient les sources chaudes comme des objets de comparaison et de hiérarchisation.

Vers la culture moderne du classement : une lignée qui vient d’Edo

L’idée de comparer et classer les sources thermales ne s’est pas arrêtée à l’époque d’Edo. Aujourd’hui encore, les magazines de voyage, les projets comme les « 100 meilleures sources chaudes du Japon » organisés par des organismes touristiques, ou encore les avis en ligne, entretiennent largement cette culture du classement. Les formes et les méthodes d’évaluation ont changé, mais le désir de dire « quelle source est la meilleure » reste le même depuis l’époque des onsen-banzuke.

Point de comparaisonOnsen-banzuke d’EdoClassements thermaux actuels
FormatImprimé inspiré des tableaux de sumoArticles de magazines, de sites web, votes, etc.
Auteur de l’évaluationÉditeur ou imprimeur, selon des critères variablesRédaction, experts, votes du public, etc.
Mise en ordreSéparation Est/Ouest, hiérarchie dominée par les ozekiClassement numéroté
RôleChoix d’une destination et divertissementChoix d’une destination et diffusion d’informations

Vu sous cet angle, les classements actuels s’inscrivent clairement dans la lignée du onsen-banzuke. Mais il existe aussi un point commun important entre les deux : tout classement est « le choix de quelqu’un selon un certain critère ». De même que les banzuke d’Edo variaient selon les éditions, les classements actuels changent eux aussi selon la méthode d’évaluation ou la période.

C’est pourquoi il ne faut pas se contenter de suivre aveuglément les premiers rangs d’un classement ou d’un banzuke, mais choisir une source chaude en fonction de ce que l’on recherche. Une station célèbre ne correspond pas forcément à vos goûts, et un bain qui n’apparaît pas dans le haut du classement peut très bien offrir une eau ou une atmosphère qui vous conviendront davantage. Nous approfondissons ce point dans Sources chaudes célèbres ou cachées, utile pour réfléchir à votre manière d’utiliser les classements. Si vous voulez découvrir les stations thermales les plus représentatives du Japon, Top 10 des sources chaudes célèbres au Japon peut aussi vous aider.

FAQ

Qu’est-ce que le onsen-banzuke ?

C’est un imprimé qui a circulé à l’époque d’Edo et qui classait les stations thermales de chaque région sur le modèle des tableaux de sumo. On y comparait les vertus de l’eau et l’ampleur des lieux, en établissant une hiérarchie entre Est et Ouest, et l’on plaçait au sommet l’équivalent du rang d’ozeki. Le Shokoku Onsen Kounoukagami, entre autres, est bien connu. Les stations et les rangs varient selon les versions.

Quel est le rang le plus élevé dans le onsen-banzuke ?

C’est l’ozeki. Dans le sumo moderne, le yokozuna est le rang suprême, mais à l’époque d’Edo, le yokozuna n’était pas encore établi comme rang officiel du banzuke, et l’ozeki était de fait le plus haut niveau. C’est pourquoi, dans le onsen-banzuke aussi, la station thermale la plus prestigieuse est indiquée comme un ozeki.

Est-il vrai que Kusatsu et Arima étaient les ozeki ?

Dans une version largement connue, Kusatsu Onsen aurait été l’ozeki de l’Est et Arima Onsen celui de l’Ouest. Cependant, comme on pense que plusieurs onsen-banzuke ont existé, la station placée en ozeki varie selon les versions. Il est donc plus exact de dire qu’il existe des versions où cela est noté ainsi.

Le gyoji et le kanjin-moto désignent-ils des sources thermales ?

Non. Le gyoji et le kanjin-moto sont des rôles ajoutés pour donner au banzuke sa forme en empruntant le style du sumo, et ils ne désignent pas les stations thermales elles-mêmes. Le gyoji symbolise l’organisation et la gestion, tandis que le kanjin-moto représente l’organisateur. Leur présence conférait à l’imprimé le prestige d’un véritable banzuke officiel.

En quoi le onsen-banzuke diffère-t-il des classements actuels ?

La forme est très différente, mais l’idée de comparer les sources thermales et de les classer est la même. De même que les banzuke d’Edo changeaient selon les versions, les classements actuels varient selon les méthodes d’évaluation et les périodes. Dans les deux cas, il s’agit du choix de quelqu’un selon un certain critère, et il est important de ne pas prendre les premiers rangs pour argent comptant, mais de choisir selon ses propres attentes.

Conclusion

Le onsen-banzuke était un imprimé de l’époque d’Edo qui classait les stations thermales à la manière des tableaux de sumo, et le Shokoku Onsen Kounoukagami, entre autres, est bien connu. Les stations étaient hiérarchisées entre Est et Ouest, et dans la version largement connue, Kusatsu à l’Est et Arima à l’Ouest auraient été placées au rang d’ozeki, c’est-à-dire le plus haut rang de facto. Toutefois, les rangs varient selon les versions, et rien n’est définitif.

Comprendre la lecture du banzuke permet aussi de saisir la perception des sources chaudes à l’époque, y compris à travers des termes comme gyoji et kanjin-moto. Et cette culture consistant à comparer et choisir les sources chaudes se prolonge de façon continue jusque dans les classements thermaux d’aujourd’hui. Banzuke comme classements ne sont que des sélections faites selon un certain critère. Plutôt que de vous fier uniquement au rang, choisir un bain selon ce que vous recherchez est la première étape pour profiter pleinement des sources chaudes.

Sources

  • Bibliothèque nationale de la Diète du Japon
  • Agence japonaise du tourisme
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