Pourquoi certaines sources chaudes paraissent-elles émeraude, vert jaunâtre ou vert pâle ? Cette synthèse neutre, fondée sur des explications de l’Association japonaise des sources thermales, du musée de Beppu et du ministère de l’Environnement, clarifie les causes, les écarts photo-réalité et les précautions.
Publié le: 24/12/2025
Pourquoi certaines sources chaudes paraissent-elles émeraude, vert jaunâtre ou vert pâle ? Cette synthèse neutre, fondée sur des explications de l’Association japonaise des sources thermales, du musée de Beppu et du ministère de l’Environnement, clarifie les causes, les écarts photo-réalité et les précautions.
Publié le: 24/12/2025
Une source chaude qui paraît verte est une source dont les composants de l’eau, combinés à la manière dont la lumière frappe le bassin, donnent une teinte verdâtre. Les nuances varient largement: vert émeraude, bleu-vert, vert jaunâtre ou vert pâle.
En bref, le vert ne désigne pas un type de source précis. Une légère teinte verte due au fer en milieu acide, une coloration jaune-verte liée à des composants soufrés contenant du sulfure d’hydrogène, la diffusion de la lumière par des colloïdes de soufre, ainsi que la profondeur du bassin ou la couleur du matériau, peuvent tous se combiner. On ne peut donc pas juger le type de source ni sa puissance à la seule couleur.
Cet article résume les principales causes d’une apparence verte, les raisons de son instabilité, les écarts entre photo et réalité, ainsi que les précautions à prendre dans les eaux stimulantes. Pour le mécanisme général des eaux blanches et troubles, voir Pourquoi les eaux blanches et troubles sont-elles laiteuses ?. Pour les eaux qui paraissent bleues ou bleu blanchâtre, voir Pourquoi certaines sources chaudes paraissent bleues. Pour les eaux brun rougeâtre ou brunes, voir Pourquoi les sources riches en fer deviennent brun rougeâtre. Ici, nous nous concentrons sur les teintes vertes, bleu-vert et jaune-vert.
Cet article fournit des informations générales et ne garantit aucun effet thérapeutique ou cosmétique spécifique. Les eaux très acides ou riches en soufre peuvent être irritantes, et les bains troubles rendent le fond difficile à voir et parfois glissant. Si vous avez une maladie chronique ou si vous ne vous sentez pas bien, ne forcez pas et suivez les consignes de l’établissement.
Il faut d’abord comprendre qu’une eau verte n’est pas colorée par un pigment vert dissous. Plusieurs facteurs se superposent pour lui donner cet aspect. Même si deux bains paraissent verts, leurs mécanismes peuvent être différents.
Selon l’explication « Couleur de l’onsen » de l’Association japonaise des sources thermales, les eaux à dominante verte vont du vert limpide et transparent au vert jaunâtre, jusqu’au brun verdâtre opaque. Parmi les causes représentatives figurent les sources acides ferrugineuses, anciennement appelées « sources vertes acides », qui présentent un vert pâle et transparent, ainsi que certaines sources sulfureuses neutres ou alcalines contenant du sulfure d’hydrogène, qui peuvent prendre une teinte jaune-verte. Autrement dit, le fer et le soufre, des composants susceptibles de produire couleur ou précipitation, interviennent dans l’apparence verdâtre.
La lumière joue aussi un rôle. Dans l’explication « Couleur de l’onsen » du Beppu Onsen Earth Museum, il est indiqué que lorsque des colloïdes de silice ou de soufre, c’est-à-dire des particules microscopiques invisibles à l’œil nu, diffusent la lumière, les longueurs d’onde courtes du bleu sont davantage dispersées. C’est le phénomène de diffusion de Rayleigh, principal mécanisme derrière l’aspect bleu des eaux. Quand cette diffusion se superpose à une eau déjà légèrement colorée ou jaunâtre, le bleu et le jaune peuvent se mélanger et donner une impression bleu-vert, proche de l’émeraude. Le vert apparaît donc souvent comme le résultat combiné de la couleur des composants et de la diffusion de la lumière.
Voici un résumé des facteurs qui donnent une apparence verte, bleu-verte ou jaune-verte. Il s’agit toujours de tendances, car l’eau réelle résulte souvent de plusieurs effets combinés.
| Facteur principal | Tendance visuelle | Mécanisme lié au vert |
|---|---|---|
| Fer en milieu acide | Vert pâle et transparent | Les ions fer donnent une teinte légère qui apparaît comme un vert clair |
| Composants soufrés contenant du sulfure d’hydrogène | Jaune-vert à verdâtre | La teinte soufrée se combine aux conditions lumineuses |
| Diffusion par colloïdes de soufre et de silice | Bleu-vert à émeraude | Les particules fines diffusent la lumière bleue et se mêlent à la teinte légère, via la diffusion de Rayleigh |
| Profondeur du bassin, couleur du fond ou des parois, lumière extérieure | Accentue le vert ou le bleu | Une eau profonde, un fond clair et la lumière naturelle renforcent l’impression de couleur |
| Algues dans les canaux ou les bassins naturels | Vert opaque ou brun verdâtre | Vert d’origine biologique, différent de la couleur de l’eau de baignade |
Une précision s’impose pour les algues. L’explication du Beppu Onsen Earth Museum indique que les canaux d’eau thermale ou les bassins peuvent parfois paraître verts ou violets, et que cela est souvent dû aux algues. Il ne s’agit pas de la couleur propre à l’eau thermale, mais d’un aspect du site ou du paysage. Il faut donc distinguer cela de la couleur de l’eau du bain dans laquelle on se baigne.
Une eau qui paraît verte peut changer d’aspect d’une visite à l’autre, voire au cours d’une même journée. La raison est double.
Premièrement, les colloïdes et composants responsables de la couleur évoluent avec le temps. L’eau qui sort de la source et celle qui a été exposée à l’air pendant un certain temps n’ont pas la même taille de particules ni le même degré d’oxydation. La couleur peut aussi différer entre l’entrée du bassin et la zone plus éloignée. Dans les eaux contenant du fer, l’oxydation au contact de l’air peut faire évoluer la teinte vers un brun rougeâtre, si bien que le vert ne reste pas toujours constant.
Deuxièmement, la lumière a une forte influence. La diffusion de Rayleigh, qui produit des reflets bleutés, dépend de l’intensité et de la direction de la lumière incidente. En extérieur par beau temps, le bleu-vert ressort davantage; sous un ciel couvert ou en intérieur, la couleur devient plus pâle, voire presque imperceptible. C’est pourquoi l’impression change entre le jour et le soir. Comme le vert résulte souvent du mélange du bleu et du jaune, la moindre variation de l’un de ces éléments modifie l’aspect général.
Les sources chaudes vertes sont très photogéniques, et les brochures touristiques utilisent souvent des images prises dans les conditions les plus flatteuses. Un cliché réalisé sous un ciel dégagé, à l’heure idéale et sous un angle favorable ne correspond pas nécessairement à ce que vous verrez le jour de votre visite.
Il faut surtout noter que le vert éclatant d’un lac de cratère ou d’un point d’émergence naturel peut être différent de la couleur réelle du bassin où l’on se baigne. Les plans d’eau verts présentés dans les guides touristiques peuvent aussi être verts à cause des algues, comme indiqué plus haut. Plutôt que de prendre la couleur d’une photo pour celle du bain, il vaut mieux distinguer ce que l’on voit sur place et ce dans quoi l’on entre, afin de réduire les déceptions.
Il est réaliste de considérer que l’éclat de la couleur n’est pas garanti. L’intensité chromatique ne reflète pas nécessairement la concentration des composants ni leurs effets. Mieux vaut donc percevoir le vert comme une couleur dépendant des conditions.
Même si l’eau paraît verte, les règles de base restent celles d’un onsen ordinaire. Avant d’entrer, mouillez-vous progressivement, évitez de rester longtemps d’emblée et sortez avant de vous sentir étourdi.
Cependant, certains composants associés au vert peuvent être assez agressifs. Dans des eaux très acides, comme les sources ferrugineuses acides, ou dans des eaux contenant des composés soufrés avec sulfure d’hydrogène, la peau peut piquer et la fatigue apparaître plus vite lors d’un bain prolongé. Lors d’une première baignade, mieux vaut vérifier d’abord la température et l’intensité de l’eau, puis essayer brièvement. Si l’établissement recommande de se rincer après le bain, suivez cette consigne. Pour le caractère détaillé des sources acides, voir Qu’est-ce qu’une source acide ?. Pour l’odeur et la couleur des eaux soufrées, voir Odeur et couleur des sources soufrées.
Les bains troubles ou colorés rendent le fond et les marches difficiles à voir, et les dépôts sur les bords ou le sol peuvent rendre les surfaces glissantes. Entrez et sortez en vous tenant au rebord ou à une barre d’appui, et bougez lentement. Dans les eaux soufrées, les bijoux en argent peuvent aussi noircir. Le vert est photogénique, mais la prise de vue est souvent interdite dans les bains, et il existe un risque de filmer d’autres baigneurs. Même si vous souhaitez profiter de la couleur, respectez d’abord les règles de photographie.
Il n’y a pas une seule cause. Une légère teinte verte due au fer en milieu acide, une couleur jaune-verte liée à des composants soufrés contenant du sulfure d’hydrogène, et la diffusion de la lumière par des colloïdes de soufre ou de silice sont autant d’éléments qui se combinent pour produire une impression verte. Il ne s’agit pas d’un pigment vert dissous, mais d’une apparence issue de plusieurs facteurs.
Non. « Source chaude verte » décrit l’apparence de la couleur et ne constitue pas un nom officiel de type de source. Certaines eaux ferrugineuses acides ou certaines sources soufrées contenant du sulfure d’hydrogène sont plus susceptibles de paraître vertes, mais la couleur ne détermine pas à elle seule le type de source. Vérifiez la nature exacte de l’eau sur l’enseigne ou dans la fiche d’analyse de la source. Pour une vue d’ensemble, consultez Guide des types de sources thermales.
Pas nécessairement. L’apparence verte dépend de la quantité et de la direction de la lumière, ainsi que du temps écoulé depuis l’exposition à l’air. En extérieur et par beau temps, le bleu-vert ressort davantage, alors qu’un ciel couvert ou un espace intérieur donne une teinte plus légère. Les photos touristiques sont souvent prises dans les conditions les plus belles, et comme certains verts observés dans les lacs de cratère ou les canaux sont dus aux algues, la couleur du bassin de baignade peut ne pas coïncider.
Cela dépend de l’eau. Parmi les composants associés au vert, certaines eaux très acides ou contenant du sulfure d’hydrogène peuvent piquer la peau ou provoquer plus vite une sensation de chaleur excessive lors d’un bain prolongé. D’autres eaux sont plus douces, donc la couleur seule ne suffit pas. Si c’est votre première fois, vérifiez d’abord la température et l’intensité, puis essayez brièvement.
Pas forcément. Les étangs ou canaux verts présentés dans les sites touristiques peuvent être uniquement décoratifs, ou verts à cause d’algues, et se trouver ailleurs que le bassin de baignade. Vérifiez auprès de l’établissement s’il s’agit bien d’une eau dans laquelle on peut entrer.
Une source chaude qui paraît verte se comprend mieux comme une appellation générale pour une eau dont l’aspect verdâtre résulte de la combinaison de la teinte du fer en milieu acide ou des composants soufrés contenant du sulfure d’hydrogène, avec la diffusion de la lumière par des colloïdes de soufre ou de silice. Les verts opaques des canaux et des bassins naturels peuvent aussi être dus aux algues, ce qui diffère du mécanisme de l’eau de bain.
Pour le voyageur, il suffit de retenir que le vert est un aspect visuel créé par les composants et la lumière, et non un indicateur d’efficacité, que son apparence varie selon l’éclairage et le moment, que les photos et les verts de cratères ne coïncident pas toujours avec la couleur du bassin, et que les eaux fortement acides ou soufrées exigent prudence et bains courts. Pour les eaux blanches et troubles, voir Pourquoi les eaux blanches et troubles sont-elles laiteuses ?. Pour les eaux bleues ou bleu blanchâtre, voir Pourquoi certaines sources chaudes paraissent bleues. Pour les eaux brun rougeâtre, voir Pourquoi les sources riches en fer deviennent brun rougeâtre.