Pourquoi les matins de voyage sont-ils toujours aussi vivifiants ?
Dans ma vie quotidienne de retraité, il m'est impossible de trouver l'énergie de faire quoi que ce soit dès le matin. Mais quand il s'agit d'un voyage-sauna, c'est une toute autre histoire. La satisfaction de faire ce qu'on aime, et surtout la fatigue profonde du corps complètement effacée par des sources thermales et des saunas de qualité, voilà la preuve qu'un sommeil d'exception a été au rendez-vous. Je me lève à mon heure habituelle, mais l'énergie que je ressens en ouvrant les yeux sous ma couette n'a rien à voir avec celle des jours ordinaires.
Je bondis aussitôt hors du lit, je me prépare et je mets le moteur en marche. La destination : Taketori Onsen Akari no Yu, à Yawata, dans la préfecture de Kyoto. Je roule pour être là à l'ouverture, à 6h du matin. Je fonce sur les routes encore peu fréquentées de ce petit matin, fenêtre ouverte, l'air frais me cinglant le visage. Les jours où je visite des établissements qui ouvrent tôt, mon programme type est immuable : sauna du matin, sauna de l'après-midi, sauna du soir — trois actes pour construire une journée parfaite. Et c'est ici, à Taketori Onsen Akari no Yu, que je vais commencer par réveiller mon corps assoupi — violemment, enfin, disons… en douceur.
Il est exactement 6h, heure d'ouverture. En arrivant, je constate que le parking est déjà bien garni, et j'aperçois quelques compagnons de route qui se dirigent vers l'entrée. « Vous aussi, vous connaissez les vertus du sauna matinal », leur dis-je intérieurement, avant de franchir le noren sur leurs talons.
Après m'être enregistré à l'accueil, je pénètre dans les grands bains. L'intérieur est d'une propreté irréprochable, et une agréable odeur de bois frais flotte dans l'air. Je me déshabille en un éclair dans le vestiaire et me voilà dans les bains. L'espace intérieur est vaste, avec une multitude de bassins variés alignés les uns à côté des autres. Sauna, bain froid, sources naturelles — tout ce qu'il faut est là, une configuration parfaite.
Je commence par me laver soigneusement, puis je m'immerge dans le bain d'eau gazeuse à haute concentration de CO₂ pour réveiller progressivement mon corps. Les bulles pétillantes se collent à ma peau, et je sens la circulation sanguine s'améliorer peu à peu. Je glisse ensuite vers la source thermale naturelle, et je savoure un bain luxueux, enveloppé par la lumière du matin qui filtre à travers les feuillages.
Une fois le cœur du corps bien réchauffé, j'ouvre enfin la porte du sauna.
Le sauna sec est éclairé d'une lumière tamisée, et un grand poêle trône en face de l'entrée — avec un löyly automatique toutes les 30 minutes. À la première impression, j'ai trouvé l'humidité un peu insuffisante. Il me faudra sans doute un peu plus de temps pour transpirer. Mais c'est très bien ainsi. Je regarde distraitement les informations matinales qui défilent sur l'écran de télévision, et j'absorbe lentement, profondément, la chaleur dans mon corps.
La raison pour laquelle j'aime tant le sauna matinal : c'est parce qu'on y ressent la « vie » de manière très directe. Le matin, il faut beaucoup plus de temps pour transpirer que lors d'un sauna nocturne. On croit, dans sa tête, avoir commencé à se lever et à s'activer, mais au plus profond du corps, les cellules sont encore plongées dans un sommeil profond. Je savoure ce processus où, résistant patiemment à la chaleur du sauna, la sueur commence à perler, lentement, imperceptiblement. C'est véritablement un rituel — celui où les cellules endormies s'éveillent l'une après l'autre. Après être resté assis un moment, le corps semble enfin prêt : une sueur torrentielle jaillit de tout mon être. La preuve que les cellules se sont complètement réveillées. Poussé à mes limites, je me précipite hors du sauna.
Je me rince rapidement sous la douche et file vers le bain froid tant attendu.
Le bain froid ici s'appelle Iwashimizu — il utilise, dit-on, l'eau de source pure de cette terre qui abrite le sanctuaire Iwashimizu Hachimangu. Avant même d'y entrer, mes attentes sont au maximum. Le thermomètre indique 16°C. Je m'immerge doucement. … Magnifique. Ni trop froide, ni trop tiède — une température idéale où l'on pourrait rester indéfiniment, avec ce toucher soyeux propre à l'eau de source. De plus, la profondeur et la largeur sont plus qu'amplement suffisantes. La taille du bain froid est un facteur extrêmement important qui détermine la qualité de l'expérience sauna. Se recroqueviller dans un petit bain froid en surveillant les mouvements des autres, ou s'étirer pleinement dans un grand bain froid — la profondeur de la détente qui s'ensuit est totalement différente. Ici, la température, l'espace et la qualité de l'eau sont irréprochables à tous égards. J'ai absorbé les bienfaits de cette eau de source avec chaque cellule de mon corps, me refroidissant jusqu'à me sentir complètement revigoré.
Je sors du bain froid et m'installe profondément dans un fauteuil de la zone extérieure.
Savourant en solitaire cette passion pour le sauna — à moitié déraisonnable, il faut l'admettre — qui m'a poussé à venir jusqu'ici pour l'ouverture à 6h du matin, je me suis laissé glisser dans les profondeurs d'une détente absolue.
Pour ce sauna matinal, je me suis arrêté à 2 séries. L'objectif du matin est avant tout de « réveiller le corps », et si j'y épuise toutes mes forces, cela compromettrait la suite de ce périple sauna qui s'annonce exigeant.